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	<title>Hersilia Dessabines</title>
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	<description>La chronique d&#039;Hersilia</description>
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	<title>Hersilia Dessabines</title>
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		<title>Élever notre niveau de conscience avec Jean François Billeter</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hersilia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Jul 2021 13:14:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Élever notre niveau de conscience est une quête indispensable pour qui prétend être civilisé. Hélas, il suffit d’une pandémie pour que, trop souvent notre vernis s’écaille.</p>
<p>L’article <a href="https://hersilia-dessabines.com/mieux-comprendre-la-chine-et-les-chinois-grace-a-jean-francois-billeter/">Élever notre niveau de conscience avec Jean François Billeter</a> est apparu en premier sur <a href="https://hersilia-dessabines.com">Hersilia Dessabines</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-0"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell" ><div class="uncont no-block-padding col-custom-width" style=" max-width:80%;" ><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h2 class="h2" ><span>Élever notre niveau de conscience avec Jean François Billeter</span></h2></div><div class="clear"></div></div><div class="uncode_text_column" ><p>Élever notre niveau de conscience est une quête indispensable pour qui prétend être civilisé. Hélas, il suffit d’une pandémie pour que, trop souvent notre vernis s’écaille. Voilà qu’en notre for intérieur, nous nous surprenons à désigner sans hésiter un unique coupable : haro sur le pays d’où le virus est venu.</p>
<p>Voyageur invisible de l’Asie à l’Europe, de l’Afrique à l’Amérique, vicieuse chausse-trape tendue à nos sociétés, ce foutu SARS-CoV-2 nous plonge depuis des mois dans une situation exaspérante. De son côté, la Chine, après avoir trop longtemps retardé l’annonce de l’apparition du virus sur son territoire, semble plutôt bien s’en sortir.</p>
<p>Et dire, nous rappelle <em>Le Figaro</em> en janvier 2021, que nos gouvernements ont fait fi des nombreux avertissements lancés depuis une quinzaine d’années : <a href="https://www.lefigaro.fr/risque-de-pandemie-mondiale-le-forum-de-davos-l-annoncait-en-2006-20210119">https://www.lefigaro.fr/risque-de-pandemie-mondiale-le-forum-de-davos-l-annoncait-en-2006-20210119</a>. Et dire que nos dirigeants, refusant d’entendre l’alerte sonnée par la démocratie taïwanaise expérimentée en ce domaine, ont préféré écouter le directeur de l’OMS. Oui, le docteur Tedros Ghebreyesus, celui-là même dont la génuflexion, ahurissante révérence à Xi Jinping, fut photographiée en 2020 par les médias du monde entier. Révérence, qui plus est, à un président chinois dont le nombre de mandats n’est plus limité depuis l’amendement de la Constitution en 2018.</p>
<p>Si détester un pouvoir communiste autocratique est plutôt signe de bonne santé, vouer tout un peuple aux gémonies, comme cela se pratique dans l’anonymat de nos médias&#8230; Non, enfiler des opinions en prêt-à-penser, condamner sans connaître est trop confortable.</p>
<p>Que penser au juste de nos états démocratiques incapables d’anticipation ? Eux qui, faisant fi des avertissements, ont failli honteusement à leur devoir, eux qui nous ont menti ?</p>
<p>Paru au tout début de cette pénible année 2020, un essai<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>  de Jean François Billeter pourrait cependant modifier sensiblement notre perception de la Chine et des Chinois. Confrontés à l’histoire de cette immense civilisation dont j’ignorais à peu près tout, le doute et l’envie d’en apprendre davantage allaient progressivement prendre le pas sur des clichés, des certitudes pratiques mais infondées.</p>
<p>Les Européens convaincus, dont je suis, ne peuvent lire qu’avec gratitude l’essai du sinologue Jean François Billeter. Dans le monde d’aujourd’hui, la Chine a réussi à s’imposer comme une puissance qui compte. Si l’Europe, insiste l’auteur, veut encore être considérée sur le plan international, il lui faut concevoir un véritable projet européen qui dépasse le seul horizon économique, et en premier lieu faire l’effort de comprendre la Chine. Ainsi le sinologue consacre-t-il la première partie de son essai à l’histoire de ce pays. Travail colossal en amont, ce condensé d’une cinquantaine de pages, est très instructif.</p>
<p>En Chine, nous rappelle l’auteur, l’installation d’un pouvoir totalitaire date de 1957, mais l’effondrement de l’URSS en 1991 est vécu comme une leçon par les dirigeants chinois. Craignant le même sort <em>« </em><em>[…] </em><em>le régime chinois donne au totalitarisme des traits nouveaux. Il n’annonce plus de révolution. Il se réclame d’une tradition séculaire, qu’il présente comme pacifique. Il parle d’autre part au monde le langage de l’économie, propose des affaires et se crée des obligés qui deviennent des agents d’influence et se chargent d’étouffer la critique autour d’eux. Une fois qu’il est dans la place, il use d’avertissements, puis de menaces, puis de mesures de rétorsion quand ses volontés ne sont pas faites. Les sujets du régime connaissent bien cette gradation et savent où elle mène.</em> »<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a></p>
<p>Cela n’a pas empêché que dès le XVIIe siècle, au péril de leur vie, des forces chinoises éclairées et progressistes défient successivement tous les régimes autoritaires, depuis l’empire et jusqu’aux différentes républiques.  Si, au prix d’un lourd tribut, ces actions ont longtemps échoué, le XXIe siècle n’a heureusement pas tout à fait signé la fin de ces courageux mouvements démocratiques, comme on a pu le constater à Hong Kong. Dans cet essai, l’évocation de l’immense souffrance d’une partie de ce peuple est pour moi un choc. De la Chine et des Chinois, je ne connaissais que les restaurants présents en Europe. Jamais je n’avais cherché à comprendre pourquoi ils étaient venus s’y installer. Je les trouvais discrets, accueillants ; quant aux Chinois de Chine, je les considérais comme un peuple étrange, probablement heureux de vivre sous un régime dictatorial. Or, « <em>Notre incompréhension vient aussi de ce que la plupart d’entre nous ignorent ce que c’est que de subir au jour le jour un pouvoir totalitaire.</em> »<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a> .</p>
<p>Cette souffrance, perceptible dans cet essai comme dans d’autres, le sinologue la connaît de l’intérieur. Qui d’autre en effet que Jean François Billeter pourrait mieux témoigner de l’incroyable courage des Chinois qui ont bravé et persistent à braver le danger pour obtenir la liberté de penser et de s’exprimer ? Véritable épopée, son parcours laisse pantois. Tout jeune, au début des années soixante, il prend le train depuis sa Suisse natale jusqu’à Pékin où il étudie durant trois ans. C’est là qu’il rencontre Wen, sa future épouse.<a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a> Avant d’être heureuse, leur rencontre improbable sera semée d’obstacles redoutables.</p>
<p>Dans la seconde partie de son essai, Jean François Billeter rappelle à grands traits son idée, développée en 2019, d’une République européenne.<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a> Une Europe constituée par des régions et non plus des États-Nations, historiquement plus récents, une Europe politique mais aussi philosophique. Une Europe riche d’abord de ses nombreuses langues et des efforts consentis pour comprendre les autres, tandis que la Chine s’est construite sur une homogénéité politique et culturelle avec une langue unique parlée d’un bout à l’autre de son immense territoire.</p>
<p>Intellectuel au parcours atypique, audacieux, profondément attentif à ce que révèle l’histoire des peuples, Jean François Billeter est un écrivain qui nous parle, qui nous invite à quitter une vision étriquée du monde pour le rejoindre sur le chemin de l’observation sensible.</p>
<p>Lire Jean François Billeter c’est rencontrer une pensée étayée à la fois par une connaissance profonde de la civilisation chinoise et par une incertitude volontaire, « <em>celle qui rend la pensée mobile, curieuse et féconde. </em>»<a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>.</p>
<p>Et où donc cette <em>pensée mobile </em>prend-elle sa source ? Non point dans les mots trompeurs qui <em>créent tant d’illusions </em>nous dit-il, mais dans l’observation <em>avant</em> le langage, cette plongée en soi-même qui permet de découvrir le monde tel qu’il est et non comme nous voudrions qu’il soit.</p>
<p>Dans la foulée de la parution de <em>Pourquoi l’Europe, Réflexions d’un sinologue,</em> j’apprends de la bouche même de Marie-Claire Guinand<a href="#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a> qu’elle est la sœur de Jean François Billeter. Outre la place importante qu’ils accordent tous deux à la musique, cette sublime recherche de l’harmonie, chacun d’eux, à sa manière, travaille sur <em>le pouvoir libérateur de l’émotion</em>.<a href="#_ftn8" name="_ftnref8">[8]</a>   L’émotion qui nous rend sensible à notre douleur, à celle d’autrui. L’émotion qui nous permet de penser le mal, le mal fait, par exemple, à un peuple brisé par un pouvoir totalitaire.</p>
</div><div class="vc_custom_heading_wrap signature"><div class="heading-text el-text" ><p class="h4" ><span>Hersilia Dessabines</span></p></div><div class="clear"></div></div><div class="divider-wrapper "  >
    <hr class="unseparator border-color-uydo-color separator-no-padding"  style="border-top-width: 1px;" />
</div>
<div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><p class="font-778036 h6" ><span></p></span><span><p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Jean François Billeter, <em>Pourquoi l’Europe, Réflexions d’un sinologue</em>, Éditions ALLIA, Paris, 2020</p></span><span><p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Ibid., page 64</p></span><span><p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Ibid., page 64</p></span><span><p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Jean François Billeter, <em>Une rencontre à Pékin</em>, Éditions ALLIA, Paris, 2018</p></span><span><p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Jean François Billeter, <em>Demain l’Europe</em>, Éditions ALLIA, Paris, 2019</p></span><span><p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Jean François Billeter, Lichtenberg, Éditions ALLIA, Paris, 2019, page 10</p></span><span><p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> Hersilia Dessabines, <em>Les Rudérales</em>, Les Éditions du Panthéon, Paris, 2020, pages 106-109</p></span><span><p><a href="#_ftnref8" name="_ftn8">[8]</a> Jean François Billeter, <em>Une autre Aurélia</em>, Éditions ALLIA, Paris, 2017, 2018, pages 49,58 74 &amp;76</span></p></div><div class="clear"></div></div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-0" data-row="script-row-unique-0" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-0"));</script></div></div></div>
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		<title>Une défense d&#8217;airain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hersilia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2020 08:05:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe des gens dont il est inutile d’attendre le moindre repentir ; ils campent obstinément sur le déni des torts causés à autrui, aussi graves soient-ils.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-1"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell" ><div class="uncont no-block-padding col-custom-width" style=" max-width:80%;" ><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h2 class="h2" ><span>Une défense d&rsquo;airain</span></h2></div><div class="clear"></div></div><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h3 class="h3" ><span>À propos de l’affaire Matzneff</p></span><span><p>&nbsp;</p></span><span><p>On doit être attentif au fait que les relations sexuelles précoces chez les adolescents sont un signe d’extraordinaire fragilité : elles traduisent leur difficulté à agir et à se sentir en accord avec leur niveau affectif de maturité, tant le doute d’eux-mêmes les aveugle sur ce qu’ils sont. Elles découlent toujours d’une carence affective, d’un manque d’image positive et déterminante de soi.[1]</span></h3></div><div class="clear"></div></div><div class="uncode_text_column" ><p>Il existe des gens dont il est inutile d’attendre le moindre repentir ; ils campent obstinément sur le déni des torts causés à autrui, aussi graves soient-ils.</p>
<p>Larve[2] parmi la foule, je me procurai, peu avant la fermeture de nos librairies, deux des ouvrages de Gabriel Matzneff (G.M.). Quelle mouche m’avait donc piquée en cette mi-mars 2020 ? La piqûre remontait au 15 janvier précédent. Dans <em>La Grande Librairie</em>, François Busnel recevait Vanessa Springora, pour <em>Le Consentement</em>. Courageuse et belle, elle me fit forte impression par sa détermination posée, ses propos sobres et tristement convaincants.</p>
<p>Qui était donc ce grand écrivain récompensé par un prix prestigieux, salué par d’autres grands écrivains ? Alors que je ne l’avais ni lu, ni rencontré, pourquoi avais-je eu, en écoutant Vanessa Springora, l’impression de le connaître ? Une fois mon propre récit paru, je lus <em>Le Consentement</em>, admirative et consternée.</p>
<p>Qui était donc celui qui avait pour <em>vieil ami François Mitterrand</em>[3] et pour <em>excellent ami Bernard-Henri Lévy</em>[4] ? Qui était ce narrateur qui s’exclamait ironiquement : <em>Dieu soit loué, la France est un pays où il n’est pas nécessaire d’avoir lu un auteur pour en dire du mal</em>. [5] Je décidai de m’informer modestement, d’abord avec l’essai récompensé par le Prix Renaudot 2013, (voir note 2), puis avec un roman publié antérieurement et notamment estimé par Jean d’Ormesson, (voir note 5).</p>
<p><em>Le rejeton de bonne famille</em>, à qui <em>sa nurse, une Suissesse, interdisait de pleurer</em>, [6] s’est senti <em>en porte-à-faux dans la société depuis ses huit ans</em>[7]. Dans l’article intitulé <em>Che c’è dentro di me</em> – Qui suis-je ? – il évoque son journal écrit dès l’âge de 16 ans : « À L’époque, il fut ma manière de résister au modèle rigide que les adultes de mon <em>entourage</em> prétendaient m’imposer, la baguette magique qui me donna l’élan vital d’exorciser la tentation du suicide »[8]Dès lors, G. M. adolescent se construit « contre » les adultes. Il écrit déjà « au nez et à la barbe des pharisiens de droite et des quakeresses de gauche, des médiocres et des sycophantes. » [9]</p>
<p>Il se sent victime « des prurigineux anathèmes des quakeresses de gauche et des psychiatres de droite »[10], bref, de <em>l’imbécile ordre moral</em>[11]. Tenace, cette posture d’opposition au monde de l’adulte se consolidera avec les années. Il commence, rien d’étonnant, en 1968 : « Toute révolte adolescente, quelle que soit sa forme, est bonne en soi, car elle témoigne d’un refus de l’ordre bourgeois. »[12] Puis en 1972, il écrit à propos de l’un de ses personnages, le professeur Dulaurier, <em>effrayé par les grandes personnes</em> : « A soixante-six ans et demi, il se sentait très peu adulte, […]. »[13].  En 2009 enfin, G.M. déclare se trouver au cinéma Lido de Venise pour le nouvel Harry Potter et ajoute : « Parmi ce très jeune public je suis quasi l’unique adulte, mais vu que le mot « adulte » est vilain… »[14]</p>
<p>G.M. anticipe les accusations possibles de ceux qui veulent l’empêcher de vivre ses passions et les balaie toutes sous le dais protecteur de la création artistique : « Au risque de subir l’excommunication, nous devons demeurer fidèles à ce que nous sommes, oser être nous-mêmes, car seule cette audace fait de nos livres des livres véridiques, seule cette audace est créatrice de beauté. » ![15]  Et puis, que lui reprocher ? « Au dix-huitième siècle, on entre dans la vie amoureuse très jeune. » Pour les poètes grecs, latins ou persans, les poètes italiens et français de la Renaissance, <em>qu’importe l’âge</em> ? Et de s’insurger contre ce « mur de protection moralisatrice, puritaine, autour des adolescents de l’un et l’autre sexe. »[16]</p>
<p>À ceux qui pourraient s’agacer de ses nombreuses répétitions, G. M. précise, se référant en particulier à Voltaire, qu’il « l’imite volontiers sur ce point car j’aime à enfoncer de livre en livre mes idées fixes, mes formules, dans la caboche de mes lecteurs, que ce soit en mon nom propre ou par le truchement de mes personnages. »[17] Ainsi notre caboche enregistrera-t-elle son <em>amour du bon vin</em>, du <em>haut-brion</em> en particulier, ses agapes, son <em>amour de l’amour,</em> etc.</p>
<p>En outre, la nature de l’homme étant, selon G. M., forcément contradictoire, il nous faut accepter les contradictions : « Celui qui ose avouer ses contradictions fait scandale. On le traite d’immature ou de débauché. »[18] Lui qui vitupère contre la morale bourgeoise, ose cependant en 2009 écrire au Secrétaire perpétuel de l’Académie française « J’aurai soixante-treize ans dans un mois, le 12 août, j’ai publié trente-sept livres et je n’ai jamais reçu le moindre prix littéraire. »[19]Un peu plus bas, il concède que la somme de 3’000 euros qu’il reçoit de l’Académie « à titre de soutien à la création littéraire » n’est pas négligeable, mais le plus intéressant ici, c’est sa note de bas de page :« Quant aux dérisoires 3&rsquo;000 euros, je les claquai avec jubilation en moins de deux jours à l’hôtel Gritti de Venise, retournant ainsi en ma faveur une mesquinerie, la transformant en jouissance. » De toute façon G. M., faisant sienne la devise d’Horace <em>fruges consumere nati</em>, est <em>né pour récolter les fruits</em>.</p>
<p>Enfin, évoquant ceux qui, eu égard à sa proximité avec le régime Nazi, condamnent entièrement l’œuvre du philosophe Heidegger, G.M. prend une position pour le moins étonnante : « On peut soutenir que cela est injuste, et que le premier droit d’un intellectuel est le droit à l’erreur, mais, d’un autre point de vue, cette condamnation est la justice même : […] Une seule goutte de poison suffit à empoisonner un tonneau entier d’excellent vin. L’écriture n’est jamais innocente, et le moindre mot, dès qu’il est imprimé, est une balle qui peut tuer. » [20]Ses victimes apprécieront !</p>
<p>Au chapitre femme et mariage, on relèvera que : « La femme et l’homme ne sont pas faits pour s’accorder, mais pour se combattre et se détruire. Entre l’homme et la femme, c’est une guerre permanente, tantôt sournoise, tantôt ouverte, mais une guerre à mort. »[21] Ou bien encore, « Mauricette était douce, silencieuse, et faisait bien l’amour, trois qualités qui, réunies en une même femme, sont aussi rares que l’oiseau Phoenix.[22]</p>
<p>Naturellement, ce sont les filles qui étaient folles de lui « Naguère, dans un restaurant proche du théâtre de la Fenice, à Venise, une jeune fille qui m’aimait et moi, nous mangeâmes un<em> filetto di bue alla Casanova</em> dont je garde un souvenir ému. ».  On notera ce sens unique : <em>qui m’aimait</em>… Et bien entendu, c’est du filet de bœuf dont G. M. garde un <em>souvenir ému</em>.</p>
<p>Un seul mot doux pour les enfants… décédés ; la vue des ampoules lacrymales lui rappelle « la beauté des enfants morts et leurs souffrances. » Le divan du psychanalyste ? Pas pour G.M., mais avec son ami, le psychanalyste suisse Silvio Fanti, il préfère « se taper deux bouteilles de clos-vougeot et deux bouteilles de haut-brion. » En parlant de quoi ? Du diable et des jeunes filles bien sûr, ce qui est kif-kif bourricot ajoute-t-il.[23]</p>
<p>Saluant la sortie de <em>Morceau cassés d’une chose</em>, d’Oscar Coop-Phane, Frédéric Beigbeder en profite pour glisser une vanne : « Imaginez si <em>Le Consentement</em> avait été rédigé par Françoise Sagan : la sincérité absolue alliée au charme d’une petite musique hussarde, insolente et brisée. » [24]</p>
<p>Ah, cette répétitive <em>petite musique</em> de Céline, retrouvée bien sûr chez G. M. Au moins, Frédéric Beigbeder reconnaît-il à Vanessa Springora la sincérité absolue. Mais quid de cette <em>petite musique hussarde et brisée</em> ? Par exemple, tenez : « De même que l’on doit se signer à coups d’eau bénite avant de franchir le seuil d’une église, posséder corps et âme une jeune fille ne se fait pas sans un certain sens du sacré, c’est-à-dire sans un rituel immuable. Une sodomie a ses règles, se prépare avec application, religieusement. » [25]</p>
<p>Un père absent, une mère infantile, voilà pourquoi la jeune Vanessa a <em>mordu à l’hameçon</em> : « Le manque, le manque d’amour comme une soif qui boit tout, une soif de junkie qui ne regarde pas à la qualité du produit qu’on lui fournit et s’injecte sa dose létale avec la certitude de se faire du bien. Avec soulagement, reconnaissance et béatitude. »[26] N’est-ce pas là une jolie <em>petite musique brisée</em> ?</p>
<p>Au fait, sur France 5, dans un « C à vous » datant, il me semble de juin 2020, Anne-Élisabeth Lemoine demande une première fois à Frédéric Beigbeder, si G. M. est toujours son ami. Son invité esquivant la question, l’animatrice revient à la charge. Et Frédéric Beigbeder de répondre que non, G.M. n’est plus son ami. Si j’avais été l’animatrice, j’aurais plutôt posé une question ouverte et demandé à mon invité, comment il se situait en tant qu’ami. Si j’avais été l’invité j’aurais alors salué l’écrivain estimé, tout en engageant l’homme, dont j’avais partagé l’amitié à affronter la justice.</p>
<p>Pour ma part, j’ai apprécié certaines pages du roman de Gabriel Matzneff, comme l’histoire de la rue Saint-Jacques ou le récit de la vie de la comtesse Grancéola. Quant à l’essai, j’ai lu avec intérêt les deux articles intitulés <em>Les Prêtres</em> et <em>Solitude et transparence</em>, ainsi que certains passages où il rend sincèrement hommage à des êtres, hommes ou femmes, qui lui sont chers et qu’il estime.</p>
<p>Ceci dit, puisque selon G. M. « L’art commence là où il y a une blessure. », on se s’étonnera guère que la jeune Vanessa, pressentant la fin de leur relation, se permette, dans un moment apaisé qu’elle partage avec G. de lui poser une question. Avec une réflexion si sensible et si pertinente pour son âge, elle lui demande s’il y a eu « dans son enfance ou dans son adolescence un adulte qui ait joué pour lui aussi ce rôle « d’initiateur » » ? Et G. de révéler que oui : « Il y a bien eu quelqu’un, une fois, quand il avait treize ans, un homme proche de sa famille. » Chose importante, elle ajoute que dans l’aveu de G. il n’y a aucun affect.</p>
<p>Dans son article <em>À propos du viol</em>, la version de G. M. est pourtant bien différente : « Quatorze ans, c’est l’âge que j’avais moi-même, lorsque je fus dragué, séduit, initié aux plaisirs de l’amour, dévirginisé, « violé » dirait le code pénal, par la sœur aînée d’un de mes camarades. Elle était beaucoup plus âgée que moi, très jolie, très sensuelle, très douce. Je garde de cette première expérience un souvenir tendre, enchanteur. »[27]</p>
<p>Le rejeton de famille modeste qu’était mon père, a-t-il un jour, au Figaro, croisé <em>le rejeton de bonne famille</em> ? Beaucoup d’éléments, qu’il s’agisse de références culturelles, d’histoires d’ »initiation » sexuelle ou de narcissisme, réveillent de vieux souvenirs. Quoi qu’il en soit, la marque distinctive de ces rejetons est de demeurer des adolescents très attardés, des rebelles de pacotille, de ne jamais faire face, de toujours se considérer comme des victimes, de ne jamais reconnaître leur crime.[28]</p>
<p>Reste une différence ; à ma connaissance, mon père n’a jamais pratiqué les amours vénales. Ne s’étant pas rendu dans des pays dont il ne parlait pas la langue, il n’a pas été <em>réduit aux amours mercenaires</em>, contrairement à G.M. Mais, dans ce cas, écrit ce dernier : « Je veille à ce que celles-ci se déroulent sous le signe de la tendresse, de la confiance, du plaisir partagé. »[29]Voilà, prendre l’avion pour aller, là-bas, très loin, là – où les mœurs sont plus raffinées ? –, là où ne règnent ni les quakeresses, ni les pharisiens, oui, aller là-bas pour sodomiser des petits garçons pauvres, avec un joli sourire, les payer d’une piécette, <em>mesquinerie</em> et… jouissance !</p>
<p>Amour exclusif d’eux-mêmes. Ces gens-là sont pétris de leurs haines déviées.[30]  Si leur éducation a été plus que défaillante, voire mortifère, ils n’ont pas eu, comme beaucoup d’entre nous, le cran de se hisser à hauteur d’homme.</p>
<p>Avec respect pour les vraies victimes.</p>
</div><div class="vc_custom_heading_wrap signature"><div class="heading-text el-text" ><p class="h4" ><span>Hersilia Dessabines</span></p></div><div class="clear"></div></div><div class="divider-wrapper "  >
    <hr class="unseparator border-color-uydo-color separator-no-padding"  style="border-top-width: 1px;" />
</div>
<div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><p class="font-778036 h6" ><span>[1] Marcel Rufo, Dictionnaire amoureux de l’enfance et de l’adolescence, Dessins d’Alain Bouldouyre, Éditions Plon / Anne Carrière, Paris, 2017, p. 47.<br /></span><span>[2] Gabriel Matzneff, Séraphin, c’est la fin ! Éditions de La Table Ronde, Paris, 2013, p. 45<br /></span><span>[3] Ibid.,p. 84<br /></span><span>[4] Ibid. p. 203<br /></span><span>[5] [5]Gabriel Matzneff, Nous n’irons plus au Luxembourg, La Table Ronde, La petite vermillon, Paris, 2003, p. 132<br /></span><span>[6] Gabriel Matzneff, Séraphin, c’est la fin !, Éditions de La Table Ronde, Paris, 2013, p.156<br /></span><span>[7] Ibid., p. 134<br /></span><span>[8] Ibid., p. 123, entourage est ici traduit en français par l’auteur, l’article ayant été publié dans un journal italien.<br /></span><span>[9] Ibid., p. 125 Pour mémoire, les quakers sont de religion protestante ; ils encouragent le pacifisme, la philanthropie et la simplicité des mœurs. Quant aux sycophantes, ce sont des délateurs.<br /></span><span>[10] Ibid., p. 11<br /></span><span>[11] Ibid., p. 103<br /></span><span>[12] Ibid., p. 31<br /></span><span>[13] Nous n’irons plus au Luxembourg, La Table Ronde, Paris, 2003, P. 57 (première édition en 1972)<br /></span><span>[14] Gabriel Matzneff, Séraphin, c’est la fin ! Éditions de La Table Ronde, Paris, 2013, p. 122<br /></span><span>[15] Ibid., p. 11<br /></span><span>[16] Ibid., p. 167<br /></span><span>[17] Ibid., p.10<br /></span><span>[18] Ibid., p. 57<br /></span><span>[19] Ibid., p. 120<br /></span><span>[20] Ibid., p. 64<br /></span><span>[21] Ibid., p. 59<br /></span><span>[22] Nous n’irons plus au Luxembourg, La Table Ronde, Paris, 2003, (première édition en 1972), p. 16<br /></span><span>[23] Gabriel Matzneff, Séraphin, c’est la fin ! Éditions de La Table Ronde, Paris, 2013, p. 127<br /></span><span>[24]  Le Figaro Magazine / 7 février 2020, Le livre de Frédéric Beigbeder, p. 89<br /></span><span>[25] Vanessa Springora, Le Consentement, Bernard Grasset, Paris, 2020, p. 55<br /></span><span>[26] Ibid., p. 88<br /></span><span>[27] Gabriel Matzneff, Séraphin, c’est la fin ! Éditions de La Table Ronde, Paris, 2013, p. 94<br /></span><span>[28] Hersilia Dessabines, Les Rudérales, Editions du Panthéon, Paris, 2020, p. 43<br /></span><span>[29] Gabriel Matzneff, Séraphin, c’est la fin ! Éditions de La Table Ronde, Paris, 2013, p. 85</span></p></div><div class="clear"></div></div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-1" data-row="script-row-unique-1" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-1"));</script></div></div></div>
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		<title>Fuyez ceux qui vous humilient encore une fois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2020 09:28:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Non, les victimes de l’inceste ne chérissent pas leur position de victime. Non, nous ne sommes pas irrésistiblement attirés par la souffrance...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-2"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell" ><div class="uncont no-block-padding col-custom-width" style=" max-width:80%;" ><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h2 class="h2" ><span>Fuyez ceux[1] qui vous humilient encore une fois</span></h2></div><div class="clear"></div></div><div class="uncode_text_column" ><p>Non, les victimes de l’inceste ne chérissent pas leur position de victime. Non, nous ne sommes pas irrésistiblement attirés par la souffrance. Nous tenons cette dernière de ceux qui nous ont mis au monde et ont gravement failli à leur devoir de protecteurs et d’éducateurs. De ceux qui, à l’heure où chacun peut choisir ou non d’avoir un enfant, étaient supposés nous aimer, mais nous ont méticuleusement haïs.</p>
<p>Longtemps et malgré tout, nous les avons aimés jusqu’à en perdre la raison. Notre travail de détachement est immense, tant il est difficile d’admettre l’inconcevable.</p>
<p>Alors, je vous en prie, si vous rencontrez un de ces spécialistes des troubles et maladies psychiques qui vous admoneste, fuyez. N’écoutez pas celui qui vous accuse de complaisance, qui trouve que vous ressassez votre souffrance et vous rend responsable de votre malheur. Claquez la porte au nez de celui qui minimise la gravité du traumatisme vécu, sans jamais se prononcer sur les comportements abjects des salauds et des salaudes.</p>
<p>Dans <em><a href="https://hersilia-dessabines.com/publications/">Les Rudérales</a></em>, j’ai cité nombre d’auteurs bienfaisants ; j’aimerais signaler ici un des ouvrages importants de Marie-France Hirigoyen[2].</p>
<p>Cherchez un psychiatre ou un psychanalyste, qui s’est frotté à la vraie vie et ne se contente pas de théorie. Cherchez des professionnels compétents qui ne manquent pas de respect à la victime réelle que vous êtes et ne vous humilie pas une fois de plus.</p>
<p>De cœur et de raison avec vous.</p>
</div><div class="vc_custom_heading_wrap signature"><div class="heading-text el-text" ><p class="h4" ><span>Hersilia Dessabines</span></p></div><div class="clear"></div></div><div class="divider-wrapper "  >
    <hr class="unseparator border-color-uydo-color separator-no-padding"  style="border-top-width: 1px;" />
</div>
<div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><p class="font-778036 h6" ><span>[1] La forme épicène qui, selon Le Petit Robert de la langue française 2018, désigne aussi bien le féminin que le masculin, sera souvent choisie ici pour éviter d’alourdir le texte.<br /></span><span>[2] Marie-France Hirigoyen, Le harcèlement moral, La violence perverse au quotidien, Editions La Découverte et Syros, Paris, 1998</span></p></div><div class="clear"></div></div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-2" data-row="script-row-unique-2" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-2"));</script></div></div></div>
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		<title>Adultes et citoyens?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2020 07:56:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les années passant, la rédaction de Les Rudérales, récit écrit tardivement et publié aux Éditions du Panthéon, en mars 2020, obéit à un besoin impérieux. En premier lieu il me fallait circonscrire et compresser le passé pour faire le point sur ce que j’étais enfin devenue...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-3"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell" ><div class="uncont no-block-padding col-custom-width" style=" max-width:80%;" ><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h2 class="h2" ><span>Adultes et citoyens?</span></h2></div><div class="clear"></div></div><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h3 class="h3" ><span>De la soumission au sens de la responsabilité</span></h3></div><div class="clear"></div></div><div class="uncode_text_column" ><p>Les années passant, la rédaction de <em>Les Rudérales</em>, récit écrit tardivement et publié aux Éditions du Panthéon, en mars 2020, obéit à un besoin impérieux.</p>
<p>En premier lieu, il me fallait circonscrire et compresser le passé pour faire le point sur ce que j’étais enfin devenue. Puis, je devais témoigner, expliquer que l’inceste n’est pas seulement un drame familial, mais qu’il concerne notre société tout entière. Cette tâche nous incombe, je crois, non seulement comme victime, mais aussi et surtout en tant que citoyens.</p>
<p>Nos témoignages accumulés permettent de brosser le tableau des agissements dévastateurs dont nous avons fait les frais, et de tenter de comprendre ce qui nous est arrivé. Quel était le mobile de nos géniteurs[1], ces prédateurs qui ont fait de leurs propres enfants, de nous, leurs proies favorites ? Qui sont-ils donc pour qu’aujourd’hui encore nous ayons tant de peine à les démasquer et à les neutraliser ? Pourquoi tant d’enfants sortent-ils des tribunaux sans que justice ne soit faite ? Enfin, leur profil destructeur ne se rencontre-t-il que dans la sphère familiale ? A toutes ces questions néanmoins, et en particulier à la dernière, pouvons-nous répondre entièrement ?</p>
<p>Il me semble nécessaire de compléter notre expérience des pédocriminels, aussi tristement longue et étoffée soit-elle, par les connaissances de certaines personnalités du monde médical qui ont eu également maille à partir avec eux. Nous découvrons alors que certains traits pathologiques à l’œuvre dans cette perversion familiale qu’est l’inceste, le sont aussi, à plus grande échelle, dans nos sociétés. La lecture de Paul-Claude Racamier[2] et de Maurice Hurni et Giovanna Stoll[3] est, à cet égard, particulièrement éclairante.</p>
<p>C’est au psychiatre et psychanalyste Paul-Claude Racamier –– spécialiste reconnu des psychoses –– que nous devons d’avoir révélé l’existence de la perversion narcissique et d’en avoir expliqué ses <em>forces motrices</em>. Par lui, nous apprenons, entre autres, que le fantasme sous-jacent de <em>l’Enfant-depuis-toujours-et-à-tout-jamais-irrésistible</em>[4] est bien présent dans la perversion narcissique.</p>
<p>Pour nous qui avons connu, avec la confusion née de la honte et de l’humiliation, la dislocation de notre pensée, l’observation de Paul-Claude Racamier ne peut que faire froid dans le dos : « La pensée perverse exerce autour d’elle un véritable <em>détournement d’intelligence</em>. À mon avis, les psychotiques, réputés pour empêcher autrui de penser, sont des enfants de chœur à côté des ravages exercés par la pensée perverse. […]. De l’esprit faux à la langue de bois, du verbiage à la désinformation, de la déstabilisation dans les familles, les groupes et les institutions de soins, jusqu’à la terreur exercée sur les peuples, la pensée perverse, habile à disjoindre, mais parfaitement équipée pour essaimer, est spécialisée dans la transmission de <em>non-pensée</em>. […]. Alors que la pensée est toute faite de liaisons, la pensée perverse n’opère que dans la disjonction et dans la déliaison. »</p>
<p>Ainsi, à l&rsquo;échelle de notre noyau familial, nos géniteurs n’étaient pas plus des enfants de chœur, que Hitler et Staline, tous deux bons à interner chez Patrick Lemoine.[5]</p>
<p>Ceci dit, une question, et non des moindres, demeure. Qu’un enfant, plus dépendant de ses parents qu’aucun petit être en ce monde, puisse être psychiquement ravagé par eux, tout en continuant de les aimer inconditionnellement et de les protéger, cela se conçoit parfaitement. Un enfant ne choisit pas ses parents. Mais qu’en est-il des adultes qui, sous nos latitudes, fréquentent, puis <em>choisissent</em> d&rsquo;épouser un ou une partenaire à la personnalité destructrice, alors que non seulement les mariages arrangés n’y ont plus cours depuis belle lurette, mais qu&rsquo;il est désormais courant de tester la vie en commun, sans se mettre la corde au cou ? Oui, que penser de ces adultes qui se considèrent ensuite comme des victimes? Pourquoi n&rsquo;ont-ils pas repéré la violence masquée, la froideur et le calcul, sous les traits séduisants d&rsquo;une flatterie empressée ?</p>
<p>Et cette terreur exercée sur les peuples, dont nous parle Paul-Claude Racamier, comment s&rsquo;installe-t-elle? La stratégie mise en place pour l&rsquo;exercer, pourrait-elle exister sans la complicité d&rsquo;une large majorité de la population? Et sous des régimes démocratiques, qu’en est-il de ces majorités de citoyens qui, séduits par leur rhétorique ou leur charisme, soutiennent systématiquement des candidats, dont la personnalité et les réalisations ont pourtant tout de la médiocrité? Pour s&#8217;empresser, dès qu&rsquo;ils sont au pouvoir, de fouler aux pieds leurs décisions et de les agonir d&rsquo;injures sur les médias sociaux? Oui, que penser de ces citoyens qui se considèrent ensuite comme des victimes?</p>
<p>Serait-ce que l’adulte, cet être supposé arrivé à maturité, a renoncé à exiger un effort de lui-même, pour mieux choisir ses représentants ? Serait-ce que, masquant notre paresse, nous nous abritions derrière un fatalisme désabusé, pour affirmer que tous les politiciens sont nuls ? Serait-ce que, tout en nous plaignant constamment, nous préférions finalement le confort du spectacle, le tourbillon des événements, les pugilats dogmatiques et médiatiques aux conversations vraies qui, elles,nous engagent ?</p>
<p>Allons-nous un jour accepter cet effort nécessaire pour devenir des adultes qui réfléchissent? Des citoyens suffisamment conscients et ébranlés, par exemple, pour considérer que la souffrance infligée à autrui est aussi insupportable que si elle nous était infligée ? A une époque où chacune et chacun peut, <strong>en toute connaissance de cause,</strong> choisir de donner la vie ou non, toute forme de souffrance infligée à son enfant est impardonnable.</p>
<p>Oui, il importe, que les victimes de l’inceste qui ont résisté à la tentation de faire souffrir à leur tour, d’humilier, de torturer, témoignent et expliquent comment elles sont parvenues à s’élever au rang d’adultes et de citoyens responsables. Oui, notre sens de la responsabilité est l’antidote à la perversité de notre salaud de père, de notre salaude de mère[6], eux qui jamais ne se repentiront car, « Rien n’est plus étranger à la mentalité perverse que la notion de responsabilité. ».[7]</p>
<p>Et oui, notre responsabilité assumée donne non seulement du sens à notre existence, mais fait aussi de nous des citoyens qui ont réappris à penser le mal et à agir dans le respect du vivant.</p>
</div><div class="vc_custom_heading_wrap signature"><div class="heading-text el-text" ><p class="h4" ><span>Hersilia Dessabines</span></p></div><div class="clear"></div></div><div class="divider-wrapper "  >
    <hr class="unseparator border-color-uydo-color separator-no-padding"  style="border-top-width: 1px;" />
</div>
<div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><p class="font-778036 h6" ><span>[1] Et de tout autre membre de la famille proche, comme un grand-père, une grand-mère…<br /></span><span>[2] Paul-Claude Racamier, <em>Les perversions narcissiques</em>, Éditions Payot &amp; Rivages, Paris, 2012, page 47<br /></span><span>[3] Maurice Hurni et Giovanna Stoll, <em>La haine de l’amour, La perversion du lien</em>, L’Harmattan, Paris, 1996<br /></span><span>[4] Paul-Claude Racamier, <em>Les perversions narcissiques</em>, Éditions Payot &amp; Rivages, Paris, 2012,. page 32<br /></span><span>[5] Patrick Lemoine, <em>La santé psychique de ceux qui ont fait le monde</em>, Odile Jacob, Paris, 2019<br /></span><span>[6] … Ou de tout autre membre de notre famille proche.<br /></span><span>[7] Maurice Hurni et Giovanna Stoll, <em>La haine de l’amour, La perversion du lien</em>, L’Harmattan, Paris, 1996, page 258</span></p></div><div class="clear"></div></div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-3" data-row="script-row-unique-3" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-3"));</script></div></div></div>
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		<title>Un tout petit « chef »</title>
		<link>https://hersilia-dessabines.com/untout-petit-chef/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2020 11:53:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pas vraiment antipathique, ni dénué d’une certaine séduction lourdaude, le voilà qui dirige enfin. Une fois effacés tous les signes apparents de son ancienne fonction de simple professeur, position subalterne et disqualifiante à ses yeux, il a pris soin de se distancier de ceux qui l’occupaient autrefois, avec lui, et l’occupent encore...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-4"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell" ><div class="uncont no-block-padding col-custom-width" style=" max-width:80%;" ><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h2 class="h2" ><span>Un tout petit « chef »</span></h2></div><div class="clear"></div></div><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h3 class="h3" ><span>On croyait qu’il réfléchissait ; en vérité il ne pensait qu’à la sentence qu’il allait pouvoir formuler pour se donner l’air de réfléchir ; mais sa tête était creuse comme une noix de la mauvaise saison[1]</span></h3></div><div class="clear"></div></div><div class="uncode_text_column" ><p>Pas vraiment antipathique, ni dénué d’une certaine séduction lourdaude, le voilà qui dirige enfin. Une fois effacés tous les signes apparents de son ancienne fonction de <em>simple</em> professeur, position subalterne et disqualifiante à ses yeux, il a pris soin de se distancier de ceux qui l’occupaient autrefois, avec lui, et l’occupent encore. Sans doute croit-il ainsi panser, à quelques années de la retraite, une blessure intime : il aurait tant aimé être un chef d’entreprise et non un directeur d’école. Tout de même, rectifie-t-il, avec les majuscules d’usage : Directeur d’une Haute École, s’il vous plaît. D’ailleurs, au poste qu’il occupe maintenant, sa formule préférée est : <em>J’ai le droit de…</em></p>
<p>Jusqu&rsquo;alors, aucune femme, Dieu merci! n&rsquo;occupait un poste autre que celui de secrétaire.  Or, sa hiérarchie lui a imposé, ce sera pour lui le début d&rsquo;une longue série, d’engager une femme professeur. Il obéit, mais lorsqu&rsquo;il la convoque, il prend soin de la faire patienter, debout, à quelques pas de son bureau. Sourire rusé en coin, il poursuit nonchalamment sa tâche, avant de se lever, chemise déboutonnée sur son ventre poilu.</p>
<p>Un autre jour, <em>J’ai le droit de…</em> va se livrer, avec aisance et entrain, à une de ses activités favorites. Le voilà qui gravit la scène pour y tenir conférence par vidéo-projection, heu…PowerPoint, pardon. Démonstration efficace, avec tableaux, graphiques et chiffres surtout. Il le proclame, il hait la littérature, les livres et les discussions inutiles des professeurs entre eux. Plutôt content de lui, il est en phase avec son époque de chiffres sans lettres, à l’exception des anglicismes, indispensables pour qui veut se conformer à l’air du temps. De temps à autres, il invitera un <em>terne</em> professeur à dérouler un discours convenu, mais privilégiera ceux, plus fréquentables, qui font de la recherche, c’est à dire qui font entrer de l’argent dans les caisses du service public. L’essentiel du temps à disposition, lors des conférences de ce pseudo-CEO, reste cependant consacré à cette interminable enfilade d’éléments de langage, que l’on a aujourd&rsquo;hui coutume d’appeler <em>messages</em>. <em><br />
</em></p>
<p>Un autre de ses traits est la ruse. Il va s’employer à faire rire aux dépens de ceux qui se risqueront à émettre la moindre objection ou à poser une question qui pourrait déboucher sur une remise en question. Et comme il s’est arrangé pour que chacun, parmi ceux entrés dans le sérail après sa nomination au poste de directeur, lui soit redevable, les bravos claquent. Chaque nouveau petit apprenti flatteur va se joindre aux groupies, parce que sans identification à un groupe on n’est personne. Sous la salve d’applaudissements, notre vaniteux frissonne de plaisir. A défaut, peut-être, de pouvoir le faire ailleurs et surtout autrement, il jouit au moins de ce pouvoir -là.</p>
<p>On l&rsquo;aura compris, l&rsquo;essentiel n&rsquo;est évidemment pas la teneur du discours, c&rsquo;est l&rsquo;effet qu&rsquo;il produit sur ses subalternes. Sous l&rsquo;apparente décontraction, derrière la bonhommie affichée, se cache la volonté de soumettre et de faire obéir.</p>
<p>Comment, vous pensez le reconnaître? Impossible, il n&rsquo;existe que dans mon imagination.</p>
</div><div class="divider-wrapper "  >
    <hr class="unseparator border-color-uydo-color separator-no-padding"  style="border-top-width: 1px;" />
</div>
<div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><p class="font-778036 h6" ><span>[1] Maurice Druon, Les Rois maudits, L’Intégrale, Editions Plon, un département d’Edi8, 2014, page 937</span></p></div><div class="clear"></div></div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-4" data-row="script-row-unique-4" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-4"));</script></div></div></div>
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		<title>Regret</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Stéphanie]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2020 11:42:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le bleu doux du ciel d'un soir de septembre, un lévrier d'argent, écume légère, nage sur le dos. Le bec à sa hauteur, une hirondelle toute fine étire ses ailes roses, avant qu’imperceptiblement l’atmosphère n'absorbe chacune de ses particules colorées...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-5"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell" ><div class="uncont no-block-padding col-custom-width" style=" max-width:80%;" ><div class="vc_custom_heading_wrap "><div class="heading-text el-text" ><h2 class="h2" ><span>Regret</span></h2></div><div class="clear"></div></div><div class="uncode_text_column" ><p>Dans le bleu doux du ciel d&rsquo;un soir de septembre, un lévrier d&rsquo;argent, écume légère, nage sur le dos. Le bec à sa hauteur, une hirondelle toute fine étire ses ailes roses, avant qu’imperceptiblement l’atmosphère n&rsquo;absorbe, une à une, ses particules colorées. L&rsquo;oiseau, désormais presque blanc, fond soudain dans l&rsquo;azur, tandis que le soleil s’endort.</p>
<p>Hors les murs de notre société effervescente, j’aime cette heure où, cédant enfin au plaisir d’être, nous nous dévoilons à nous-mêmes, tout en considérant notre rapport au monde et à l’autre.</p>
<p>Et aujourd’hui sur ce cliché, ton cou cerclé d’or, l’éclat malicieux de ton regard et cet autre visage juvénile qui te mange des yeux, c’était toi, c’était moi, il y a plus de vingt ans !</p>
<p>Te souvient-il de cet été « africain » dans L’Allier quand le paysage du Bourbonnais semblait si proche de la savane arborée ? Les cours d’eau s’asséchaient, les sources tarissaient, le bétail somnolent devait être affourragé. Les bouchures à peine rafraîchies par la nuit nous avaient invitées à une promenade matinale.</p>
<p>Nous nous connaissions à peine, mais là, soudain, tournant brièvement ton visage vers moi, tu as murmuré : <em>toi aussi, tu… ?</em> Longtemps sous le poids des choses à taire et tues, j’avais succombé à l’emprise, enserrée par des tourments demeurés clandestins. Et toi, tu me révélais que je n’étais plus seule !</p>
<p>Mais depuis ce jour-là, ô ma sœur, avons-nous eu des fers aux pieds qui brisaient tout élan, toute envie de savoir, de vraiment nous connaître ? On m’avait fait quitter Paris et installée ailleurs ; tu as quitté Paris pour les falaises de Normandie, mais ce n’est pas ce millier de kilomètres qui nous a séparées. Tes bambins sont parents, leurs enfants déjà grands, je n’aurai pas de descendants, mais ce n’est pas ce qui nous a séparées. L’épaisseur du temps passé, peut-être, ou bien encore un interdit trop puissant.<em><br />
</em></p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-5" data-row="script-row-unique-5" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-5"));</script></div></div></div>
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